Une petite fille meurt noyée dans un marais

Fait divers tragique, suicide ou ...?

Elodie, une petite fille, meurt noyée dans un étang. Ralph, son frère, l’a-t-il poussée? Ou l’a-t-il abandonnée sans lui porter secours? Le mystère demeure.

Et leur mère, Joana Cordier, parviendra-t-elle à se reconstruire? «Il le faudrait pour que se taisent enfin les remuements du marais, là où l’on a retrouvé le corps enlisé d’Elodie, l’enfant dont les rires ont fini par s’engluer dans l’épaisseur visqueuse des fonds boueux … »

La réponse à toutes ces questions se trouve peut-être dans le dernier livre de la Belleviste Edith Habersaat, Les silences du marais, paru cette année aux éditions Slatkine. C’est un roman âpre, qui nous dévoile les tourments d’un adolescent cherchant sa juste place dans sa famille recomposée.
Roman noir, cet ouvrage est truffé de références journalistiques, littéraires ou philosophiques, qui nous transposent dans la réalité de notre monde contemporain, avec en toile de fond cette question lancinante: parvient-on (ou non) à donner un sens à son existence?

L’auteur utilise des phrases courtes, des demi-silences pour rendre le récit plus dynamique. En voici un exemple: «Le retour de Ralph… Sans Elodie. Ralph statufié. Hagard. Dépourvu de mots. Engloutis, eux aussi, par la vase du marais. Puis il avait enfin balbutié qu’il ne voulait pas qu’elle meurt, sa petite sœur. Alors Joana de crier soudain que non, qu’il y avait erreur. Que ce n’était pas possible.»

Malgré cette histoire très sombre, l’espoir demeure. Preuve en est cette citation de Boris Cyrulnik, mise en exergue de ce roman palpitant: «Les épreuves les plus terribles nous donnent aussi de la force.»

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