Le Sphinx du laurier rose

Un roman d'Edith Habersaat












La Belleviste Edith Habersaat vient de publier son quarante-deuxième ouvrage, soit seule, soit en collaboration avec d’autres écrivains. Il a pour titre
Le Sphinx du laurier rose et est paru aux Editions Slatkine. Découverte.

Le livre commence par ces lignes en italiques: «Sophia Cambertat née Chaumont, la quarantaine au moment des faits, mère de Martin et de Boris, épouse d’Edgar, le propriétaire d’une revue scientifique, a trouvé dans son courrier du jour une lettre anonyme la menaçant de représailles si elle ne s’acquittait pas d’une certaine somme en échange d’un instantané où elle figure, enlacée par un inconnu …»

Le ton est donné. Contrairement à ce que le titre pourrait suggérer, cette œuvre n’a rien d’un roman à l’eau de rose. C’est plutôt la couleur noire qui prédomine tout au long des 155 pages. Chantage, viol, harcèlements, drogue, suicide, jeune cycliste écrasée par un chauffard, chacune de ces situations concerne l’un ou l’autre des personnages de ce récit aux multiples rebondissements. Cela permet à Edith Habersaat d’exprimer avec conviction ses idées sur le monde et la société dans lesquels nous vivons.
Et le Sphinx du laurier rose dans tout cela ? Ce papillon est décrit en ces termes: «Et l’autre soir, il a pu remarquer des larves de lépidoptères sur les fleurs du laurier rose que les nouveaux patrons du bistrot ont placé au coin de la terrasse. Des ennemies mortelles pour l’arbuste. Aucun danger néanmoins lorsque de chrysalides, elles passeront à l’état de papillons, ailes et corps en symphonie de verts traversée d’une note rosée, comme si le Sphinx avait emporté l’empreinte de la plante nourricière.»

Un livre poignant, une belle écriture, un peu hachée parfois, remplie de points de suspension, pour souligner les non-dits, pour laisser l’imagination du lecteur voleter comme les papillons…

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